Une fatigue qui ne passe pas malgré les nuits complètes, un essoufflement dans les escaliers, des ongles cassants : avant de tout mettre sur le compte du stress, il existe une piste simple à vérifier. Le manque de fer est l’une des carences les plus fréquentes chez les femmes, et l’une des moins dépistées.
Les chiffres : une femme sur cinq sans réserves
La dernière grande étude nationale sur le sujet, l’étude Esteban menée par Santé publique France (prélèvements 2014-2016), a mesuré directement le fer dans le sang d’un échantillon représentatif. Chez les femmes en âge d’avoir des enfants (18-49 ans, non ménopausées) :
- 20 % avaient des réserves en fer totalement épuisées ;
- 7 % présentaient une anémie ;
- 4 % souffraient d’une anémie liée au manque de fer, la plupart du temps non traitée.
Chez les filles de 6 à 17 ans, l’anémie par manque de fer dépassait 10 %. Santé publique France en tire une recommandation claire : développer le dépistage et le traitement de la carence en fer chez les femmes en âge de procréer.
Pourquoi les femmes sont plus exposées
La raison principale tient aux règles : chaque cycle fait perdre du sang, donc du fer, et les besoins augmentent fortement pendant la grossesse. L’Anses fixe la référence d’apport à 11 mg de fer par jour pour les femmes dont les règles sont faibles à normales, et à 16 mg en cas de règles abondantes (11 mg pour les hommes). L’agence cite d’ailleurs les femmes ayant des pertes menstruelles abondantes parmi les populations à surveiller.
Ce qui aide l’organisme à mieux absorber le fer
- Le fer « héminique », présent uniquement dans les aliments d’origine animale (viande, poisson, abats), est le mieux absorbé.
- Le fer des végétaux (légumineuses comme les lentilles, céréales, noix, légumes à feuilles vertes) l’est moins bien, mais son absorption augmente en présence de vitamine C : un filet de citron, des poivrons, un fruit au dessert.
- Les tanins du thé réduisent l’absorption : mieux vaut décaler la tasse d’une heure ou deux par rapport au repas.
Quand faire un bilan, et pourquoi éviter l’automédication
Fatigue persistante, règles abondantes, grossesse récente, alimentation végétarienne mal équilibrée : ce sont de bonnes raisons d’en parler à son médecin ou à sa sage-femme. Le diagnostic repose sur une prise de sang, avec notamment le dosage de la ferritine, qui reflète les réserves. La fatigue a beaucoup d’autres causes possibles (thyroïde, sommeil, carences diverses), et prendre du fer « au cas où » n’est pas anodin : certaines personnes, atteintes d’hémochromatose par exemple, en absorbent déjà trop. Le bon ordre, c’est d’abord le bilan, ensuite le traitement s’il est nécessaire.
Après la ménopause, la question du fer se pose différemment, mais l’alimentation reste un levier puissant : nous en parlions dans notre article sur l’alimentation et l’équilibre hormonal après 45 ans. Et si la fatigue s’accompagne de nuits hachées, lisez aussi nos pistes pour mieux dormir malgré les bouffées de chaleur.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources
- Santé publique France, étude Esteban 2014-2016, chapitre « Dosages biologiques des vitamines et minéraux »
- Anses, « Le fer »
- Anses, références nutritionnelles en vitamines et minéraux (fer)
Photo : rawpixel (CC0)